Comment l’intelligence artificielle nous rend service… tout en nous abêtissant.
On entend souvent cette réflexion : « l’IA, ça rend idiot ! ». Et l’enquête menée par le MIT Media Lab à propos des effets de l’IA générative sur notre cerveau ne dément pas cette théorie. Bien au contraire…

Un incroyable paradoxe
Comment une IA, comme ChatGPT, agit-elle concrètement sur notre manière de penser et de travailler ? Le résultat d’une enquête menée auprès de jeunes américains révèle un paradoxe surprenant. Car elle démontre que plus on utilise l’IA, plus nos capacités cognitives diminuent. Et sans retour en arrière.
C’est ce que rapporte la journaliste Anne GARO dans son article du 22 janvier 2026, Dette cognitive, ce que l’IA fait (vraiment) à notre mémoire. Elle s’est intéressée à une étude* conduite par le fameux laboratoire américain sur trois groupes d’étudiants.
Il s’agissait pour chacun de rédiger des essais sur différents sujets, de la manière suivante :
- Le premier groupe en utilisant ChatGPT,
- Le second groupe en interrogeant les moteurs de recherche,
- Le troisième groupe en se contentant de sa matière grise uniquement.
Et, durant l’exercice, l’activité cérébrale des participants a été mesurée par électroencéphalographie.
Résultat : les personnes utilisant l’IA générative présentaient une activité cérébrale nettement plus faible que celles travaillant sans aide, ou avec une simple recherche en ligne.
En clair, plus l’assistance de l’IA est élevée, moins les zones du cerveau liées à l’attention, à la réflexion et à l’organisation des idées sont sollicitées. L’utilisation d’outils performants nous déconnecte de nos propres capacités à nous concentrer, à raisonner, à mémoriser et à nous approprier ce qui a été produit.
Pas de rattrapage pour nos neurones
Mais voici le plus inquiétant : la baisse cognitive a un effet durable. Car l’activité cérébrale des participants ayant utilisé l’IA n’est pas revenue à son niveau initial. Et ce, au bout de quatre mois d’utilisation seulement.
Ainsi, à force de déléguer l’effort intellectuel, le cerveau s’est habitué à moins travailler par lui-même. Et cet effet négatif a perduré bien au-delà de l’utilisation de ChatGPT. Par conséquent, cette « dette cognitive » est le risque à payer pour tout abus d’IA générative.
Conclusion
L’IA est un outil puissant, mais qui doit être utilisé de façon mesurée. Elle doit rester une aide à la réflexion plutôt qu’un substitut à l’effort de penser.
Avoir conscience des risques d’un usage exagéré est un atout. Alors, restons vigilant·es sur l’utilisation de ces intelligences technologiques. Afin de ne pas régresser trop vite !
* Your Brain on ChatGPT – Mit Media Lab