Mais quel est ce pixel qui se cache dans ma newsletter ?
Vous avez dû recevoir ces courriels d’information relative à vos e-mails mentionnant la présence de « pixels de suivi » dans vos newsletters. Quel est leur rôle, et quelle est la conséquence en cas de rejet ?

Un si discret traçage
Invisible à l’œil nu, le pixel de suivi est une minuscule image insérée dans une infolettre. Lorsque l’abonné ouvre le courriel et affiche les images, ce pixel est automatiquement téléchargé. L’expéditeur est ainsi informé que l’utilisateur a consulté le message. En soi, rien d’alarmant.
Mais, parfois, le traceur divulgue d’autres informations privées qui nécessitent le consentement de l’utilisateur. Faisons le point.
Encadrer la collecte des données personnelles dans les courriels
Bien que cette méthode de traçage soit utilisée depuis longtemps, un nombre croissant de plaintes ont été déposées auprès de la CNIL. Après une large consultation publique, une recommandation relative aux pixels de suivi dans les courriers électroniques a été adoptée le 12 mars 2026.
Celle-ci complète la règlementation relative aux cookies et autres traceurs afin de renforcer la protection des données personnelles. Ainsi, un pixel espion utilisé à des fins publicitaires ou commerciales doit être signalé et explicitement accepté par l’utilisateur, toute absence de réponse étant équivalente à un refus.
En cas de non-consentement
Retirer votre consentement à l’utilisation de pixels de suivi dans les infolettres que vous recevez peut être sans conséquences, ou bien déclencher votre désabonnement.
Si vous hésitez, prenez le temps de vérifier quelles informations personnelles sont collectées et à quelles fins. Les enjeux diffèrent selon le destinataire (s’agit-il d’une ou deux personnes bien identifiées, ou bien des services marketing de plusieurs entités ?) et leur transmission à des tiers.
Car, parfois, vos coordonnées personnelles complètes sont vendues à d’autres entreprises. Quelle que soit votre décision, mieux vaut être informé·e.
Un consentement (presque) toujours obligatoire
Cependant, les traceurs utilisés dans les courriels transactionnels ou pour vérifier la bonne « délivrabilité » des infolettres auxquelles l’utilisateur s’est inscrit ne sont pas concernés. Pour être considérés comme strictement nécessaires au fonctionnement du site, ces traceurs doivent :
- être strictement limités à la seule mesure d’audience sur le site pour le compte exclusif de l’éditeur ;
- servir uniquement à produire des données statistiques anonymes ;
- ne pas permettre le suivi global de la navigation de l’utilisateur utilisant différentes applications ou sites web ;
- ne pas permettre le recoupement des données avec d’autres traitements ou à ce que les données soient transmises à des tiers.
Tous les organismes publics ou privés sont concernés : administrations, entreprises, associations, agences, indépendants et auto-entrepreneurs compris. Ils ont eu jusqu’au 14 juillet dernier pour se mettre en conformité avec l’article 82 de la loi Informatique et Libertés. D’où l’envoi massif de courriels sollicitant votre autorisation pour collecter des informations sur vos habitudes numériques.
Quant aux professionnels qui seraient passés à côté de ces nouvelles règles de protection de la vie privée, la CNIL propose de revoir le webinaire du 28 mai 2026 pour mieux comprendre et respecter leurs obligations.
Et vous, avez-vous pensé à contacter vos abonné·es ?
Documentation
À consulter sur le site de la CNIL :
- En tant qu’utilisateur : Pixels de suivi dans les courriers électroniques : vous devez être mieux informés du 14 avril 2026.
- En tant que responsable du traitement, si votre site web utilise des statistiques de fréquentation ou de performance : Cookies : solutions pour les outils de mesure d’audience du 04 juillet 2025.
- Questions-réponses sur les lignes directrices modificatives et la recommandation « cookies et autres traceurs » du 29 avril 2026.